6 déc. 2008

Comment nos syllabi pourraient disparaître

Le 15e jour du mois ne pouvait pas, en octobre dernier, annoncer dans ses pages la mort prochaine des gros cours édités en version papier sans faire lever quelques sourcils dubitatifs chez bon nombre d'étudiants. Et, dans la foulée, s'attirer les foudres des gestionnaires des centrales de cours actives sur le campus. Selon l'auteur, l'extinction du syllabus de petit volume (moins de 10 pages), que les étudiants préfèrent imprimer chez eux ou consulter en ligne, "préfigure, à terme, la disparition des plus gros cours édités en version papier". On imagine aisément (ou l'on n'imagine pas) l'ampleur d'un tel renversement, après des siècles de publications sur le médium papier. Mais encore faudrait-il avoir foi en cette mort annoncée. Fabrice Terlonge, auteur de la publication, fait le pari d'y croire: près de 50% des students liégeois étudieraient régulièrement sur leur écran, encouragés par la baisse générale des prix du laptop et la possibilité d'accéder au réseau Wi-Fi de l'institution. Un chiffre validé par François Pichault, professeur de gestion à HEC-ULg, qui considère le phénomène comme "une lame de fond". Démonstration par l'extrême: le journaliste mentionne le cas d'une étudiante en lettres modernes qui consomme près de 600 pages en ligne par semaine. Ce qui laisse penser que l'écran s'est peut-être imposé aux yeux du commun des mortels au moins comme un rival sérieux du medium papier. Entendu, selon l'avis des spécialistes, que, contrairement aux croyances les plus répandues, il n'existe pas de réelle contre-indication à la lecture prolongée à l'écran si les précautions d'usage sont respectées. En clair, toute résistance serait forcément vaine et fondée sur des idées reçues.


"Délire technoïde"

"Pas réaliste!", répond-on dans le cartel des éditeurs étudiants, la Centrale HEC-ULg en tête: "Je ne suis personnellement pas touché par les propos [du 15e jour] et rares sont les étudiants qui travaillent uniquement sur leurs ordis. Moi-même qui suis en permanence sur mon portable, j'ai toujours une version papier de tous les cours", avoue Pierre Kreins, administrateur de la centrale des cours HEC, qui ne prédit donc pas des heures sombres aux éditions de cours étudiantes. Selon lui et d'autres, celles-ci resteront présentes pour les quantités d'imprimés plus imposantes. Mais d'autres que Pierre sont plus virulents, qui parlent de "délire technoïde" et font remarquer que cette "computerisation" prochaine de l'étude est précisément annoncée à l'heure où l'ULg souhaite renforcer l'usage de son portail virtuel MyULg et se lancer dans l'e-learning (ou bien est-ce le contraire: l'e-learning en conséquence de l'informatisation galopante des cours?). En tout cas, en plus de trouver la lecture à l'écran trop éprouvante pour les yeux, nombreux sont ceux qui sont encore bien trop accrochés à l'aspect infiniment plus pratique du bon vieux tas de feuilles pour l'abandonner de sitôt. Tactiles, surlignables à souhait, emportables au lit, en marge des salles d'examens ou avec soi quand on préfère étudier en déambulant, on voit mal comment les étudiants prépareraient l'entièreté de leur session d'examen en ne mémorisant qu'à partir de supports électroniques. En psychologie, la centrale des cours se dit constamment sollicitée pour que les fichiers téléchargeables soient tout de même imprimés, fussent-ils de simples diapositives. "Dans les faits, imprimer chez soi est bien plus coûteux que d'acheter dans nos centrales de cours. Il faut croire que les étudiants de psycho en sont de plus en plus conscients", relève Sandrine Gaj, fondatrice de la centrale des cours de psychologie.


Le papier plus évolué?

Mais la question reste posée de savoir à qui donner raison. "Vendre des cours (papier) aux étudiants ne signifie pas forcément que ceux-ci étudieront dedans" poursuit Fabrice. "En réalité, la version papier peut aussi avoir la vocation de rassurer: il pourrait s'agir d'une sorte de précaution prise au cas où la technologie capoterait, d'une résistance découlant du stress lié à la disparition possible de la technologie mobilisée. A cela, il faut ajouter la réticence assez classique que l'on observe en cas d'innovation technologique. Je n’avais pas d’a priori en rédigeant cet article. 'Le papier résiste' aurait aussi pu être un bon titre si les témoignages s’étaient vraiment orientés dans ce sens". Selon Martin Erpicum, chargé de recherche au laboratoire Spiral (Faculté de Droit, ULg), "ce qui a changé radicalement ces dernières années n'est pas tant la diffusion bien plus importante des fichiers informatiques, mais la qualité des écrans d'ordinateur. Aujourd'hui, nous pouvons facilement passer 10h par jour devant un ordinateur sans en souffrir. C'est là qu'est la réelle évolution technologique." Mais de là à connaître une disparition du syllabus papier, rien n'est moins sûr, et ce même si les écrans de demain sont effectivement destinés à être pliés et manipulés aussi facilement qu'une feuille de cours. "A bien des égards, le format papier est, en termes technologiques, plus évolué encore que le format digital. Même s'il est plus encombrant et moins duplicable que son équivalent numérique, il reste qu'on l'annote plus aisément et qu'il est plus flexible puisqu'il n'est jamais en panne de courant électrique ou de disque dur. Il est résistant à la pliure et à l'humidité, on peut le jeter par terre et marcher dessus après un échec à un examen sans le corrompre totalement".


Inutile de dire que le débat ne trouvera pas sa résolution ce mois-ci dans les colonnes de ce mensuel. Si je suis moi-même enclin à croire en une certaine immortalité du médium papier (et l'on pourra à bon droit me reprocher de prêcher pour ma chapelle, puisque je vends moi-même des syllabi à la centrale des cours de Philo & Lettres), la question ne mérite pas moins d'être posée et le débat réclame, pour être poursuivi sainement, un sondage en bonne et due forme dans chaque Faculté. A l'heure du bouclage de cette édition, Pascal Durand, professeur en Arts & Sciences de la Communication, m'écrivait ceci, qui fera office de conclusion à cette colonne: "Voilà pas mal de temps que l'on nous dit que le plomb a de l'électron dans l'aile et que se succèdent au chevet du livre et du support papier les hérauts de l'âge électronique. Le vieux médium du livre et le support papier ont plus d'avenir encore qu'on ne le croit ou qu'on ne veut le croire. Il suffit de prendre en considération le fait que le développement de l'ordinateur personnel n'a pas induit une baisse de la consommation de papier. Le réflexe demeure, d'imprimer le texte à l'écran pour le lire et l'annoter plus confortablement. Je parie, en ce qui me concerne, pour une coopération entre les deux médias, non sur une suppression de l'un par l'autre. J'ajoute que toute prédiction générale sur ces sujets me paraît boiteuse: il y a plusieurs types de textes, plusieurs catégories de livres et tous ne sont pas remplaçables avantageusement par l'immatérialité informatique". Les paris restent ouverts.

28 mai 2008

Tri sélectif des déchets: une réalité à l'ULg?

Dans un article à paraître prochainement dans Le P'tit Torê, on pourra lire ceci sous la plume de Romain Kocks, membre de la jeune Commission Environnement chapeautée par la Fédération des Etudiants. Celle-ci rassemble une poignée d'étudiants soucieux de réduire l'impact négatif de la population estudiantine sur l'environnement. Face à l'absence flagrante de tri sélectif des déchets sur le campus, ceux-ci ont rencontré M. Schimtz, responsable de la gestion des déchets à l'ULg. "Lors de cette réunion — dont le PV complet se trouve sur le forum externe de la Fédé — nous avons eu le plaisir d'apprendre que des structures de tri existaient déjà pour les administrations qui le désiraient ainsi que pour certains services comme les Restaurants Universitaires. Ceux-ci possèdent ainsi leurs propres poubelles sélectives", note l'auteur. "Dès lors, pourquoi pas les étudiants? Mais M. Schmitz répond qu'il est à craindre que le tri ne soit pas devenu monnaie courante pour les étudiants et qu'ainsi, les poubelle de tri qui leur seraient proposées ne soient pas conformes in fine, faute de respecter les normes de tri". Et d'ajouter: "Cependant, M. Schmitz partage notre position concernant l'importance du tri dans une Université, qui devrait être une continuité dans l'éducation et dans la formation à l'esprit citoyen". 


Face aux réticences du responsable, la Commission Environnement a rappelé que le tri des déchets était, au contraire, une préoccupation de plus en plus partagée par les étudiants: "les kotteurs et habitants de Liège sont déjà soumis au tri sélectif, obligatoire comme dans beaucoup d'autres régions. En outre, pour que le projet soit efficace [y compris auprès des étudiants qui ne seraient pas encore informés de système de tri], la Commission Environnement propose que l'on colle au-dessus de chaque unité de tri (3 poubelles: cartons-papiers/plastiques-métaux/ ménagers) une affiche reprenant les normes de tri." Au besoin, la Commission Environnement se chargera également de la publicité du projet via des annonces dans les amphis. Encouragé par ce suivi étudiant, la Gestion des déchets à l'ULg soumettra bientôt un dossier aux autorités relatif au tri sélectif des déchets. Romain Kocks note que, "si les délais sont respectés et si le dossier est approuvé par les autorités, on triera à l'ULg dès la rentrée 2008". 



16 mai 2008

Centrale: un premier bilan

La Centrale des Cours du 20-août termine l'année académique en dressant un bilan positif: près de 2350 syllabi ont été vendus tout au long de cette année académique, dont une partie aux étudiants de 2e année de bachelier en Psychologie. Soit un total d'environ 7,500 euros. Plus récemment, de concert avec nos amis Ingénieurs, Psychologues et Médecins, nous avons obtenu des prix à la page et par reliure un brin plus avantageux encore (à titre informatif, de 1,37 à 1,45 cents à la page), cependant que nous décidions tous ensemble de confier l'impression de nos cours à un autre partenaire liégeois, sympathique et prometteur. Par là, nous démontrons l'intérêt — évident à nos yeux depuis le départ — d'une collaboration étroite entre les différents projets étudiants d'édition de cours, non seulement dans le cadre d'une négociation groupée des prix mais également dans le cadre d'un partage enrichissant d'expériences: auprès des Centrales des cours vieilles de plusieurs dizaines d'années, performantes et soutenues par leurs Facultés respectives, les Centrales des cours naissantes apprennent à bonne école et apprécient d'autant plus cette solidarité qu'elle met en contact quatre facultés différentes.


Au-delà, en attendant le jour où les Editions de l'Université de Liège accepteront de vendre aux étudiants de simples photocopies à des prix abordables, nous démontrons aussi que la gestion des éditions de cours a sa place entre les mains des étudiants, qu'elles peuvent être gérées dans l'intérêt des étudiants et non pour à des fins purement mercantiles, ainsi que l'a laissé entendre notre Vice-Recteur Albert Corhay lors du souper inter-cercles qui s'est tenu au château de Colonster l'hiver dernier, en parlant de "profits plantureux". Aux étudiants qui se sont demandé — à raison — ce que nous faisions des petits bénéfices dégagés grâce à la vente des syllabi, nous avons donc rappelé et continuons de rappeler que ceux-ci servent à couvrir les pertes éventuelles — et elles ont été considérables ces derniers mois, en dépit de notre vigilance — et, à l'occasion, quelques frais de fonctionnement. Notre passage prévu au statut d'a.s.b.l. d'ici la fin de l'été nous offrira d'ailleurs l'occasion, une fois par an au moins, de rendre compte de la gestion de notre trésorerie et d'être ainsi parfaitement transparents à l'égard des étudiants de la Faculté de Philo & Lettres. On ne dira jamais assez qu'il s'agit ici d'une initiative étudiante au profit des étudiants et non d'une entreprise lucrative.


Quoi qu'il en soit, les effets de l'établissement, place du 20-août, d'une Centrale des cours n'ont pas tardé à se manifester: le copy-center qui vendait autrefois les cours déposés par les professeurs, et qui vend encore ceux des professeurs qui n'ont pas encore confié leurs cours à la Centrale, a dû s'empresser de revoir ses tarifs à la baisse en réaction à notre projet. Evidemment, nous sommes heureux de cette démarche, même s'il est à parier que de plus en plus d'enseignants, dans les mois à venir, confieront leurs syllabi et autres portefeuilles de lectures à la CdC du 20-août, dont les étudiants semblent avoir été très satisfaits. Qu'ils soient d'ailleurs remerciés de leur patience et de leur confiance, de même que les professeurs qui ont bien voulu nous soutenir dès septembre 2007. Nous espérons autant de soutien, dès la rentrée, de le part de notre Faculté représentée par notre Doyen. A suivre. 

28 avr. 2008

Avril 2008: premier numéro de l'Amanite Philoïde

Dans un tout autre registre, et avant de passer à des posts un brin plus sérieux, j'annonce avec un certain enthousiasme la sortie du premier numéro de l'Amanite Philoïde - Le quasi-mensuel des étudiants de Philo & Lettres, journal facultaire adapté du bulletin naguère édité par le Cercle des étudiants en Philosophie (Cephil). Ce mensuel, un mince cahier de huit pages noir et blanc, est appelé à rassembler les écrits et les délires des étudiants de toute la Faculté. L'air de rien, c'est un projet assez ambitieux, auquel contribuent pour l'instant le Cercle des étudiants en Philosophie (Cephil) et le Cercle des étudiants en Arts & Sciences de la Communication (CASC). Longue vie donc à ce petit journal, qui a le mérite d'annoncer clairement la couleur: Ceci n'est pas de la presse ! Si son allure générale est sans doute amenée à se métamorphoser au fil des éditions, je ne peux qu'inviter les lecteurs à le découvrir en toute décontraction, en chopant une copie papier au local du Cercle, à la cafétéria ou en téléchargement ici même. Bonne lecture ! [Télécharger ici]


14 avr. 2008

Cours de langues en communication: une première avancée

Une première avancée significative (enfin!) lundi dernier en matière de développement de la formation en langues étrangères dans le cursus des étudiants en communication. Une table ronde a eu lieu qui rassemblait l'Institut Supérieur des Langues Vivantes (ISLV), le Conseil des Etudes en Communication, une professeur d'anglais qui représentait ses collègues et deux représentants-étudiants, dont je faisais partie. L'idée était, on s'en doute, de revoir à la hausse la formation en langues dispensée aux étudiants en communication: de fait, tant qu'à présent, les cours d'anglais ou de néerlandais donnés dès la première année de bachelier étaient répartis sur trois ans à raison de 30 heures par an. Une formation jugée largement insuffisante par les futurs journalistes ou médiateurs (-trices) culturels. A cela, il faut ajouter que les 4 ou 6 années consacrées, dans le secondaire, à l'apprentissage de l'anglais ou du néerlandais, semblent malheureusement elles-mêmes insuffisantes ou en tout cas inadéquates, si l'on en croit les lacunes dont souffrent de nombreux étudiants fraîchement inscrits en Communication. Ceux-ci fuient d'ailleurs généralement la plupart des textes qui ne sont pas encore traduits en français, et plus rares encore sont ceux et celles qui vont spontanément parcourir articles, revues ou bases de données anglophones dans le cadre de leurs travaux. Tout ceci, du reste, au grand dam des enseignants. Les professeurs d'anglais ont d'ailleurs été forcés, jusqu'à présent, de sacrifier une partie des 30 petites heures annuelles obligatoires à des révisions destinées — autant que faire se peut — à combler les lacunes. 


Ceci étant dit, je suis heureux d'annoncer que, sur base de propositions faites par l'ISLV, la formation en anglais et en néerlandais dispensée aux bacheliers en Communication a été significativement étendue: relativement à la formation en anglais en 1ère année de bachelier par exemple (et sans tout dévoiler), un test préliminaire sera organisé en début de quadrimestre qui dispensera ou non les étudiants du suivi d'une vingtaine d'heures de remise à niveau, avant les trentes heures obligatoires au quadrimestre suivant, dites 'de spécialisation', données exclusivement en anglais. Un test aura lieu en janvier pour les non-dispensés, qui interviendra dans la note finale des étudiants lors de l'examen — écrit et oral — en fin d'année académique. En BAC 2, les trente heures de départ ont été étendues à 45 heures par an et agrémentées de la lecture d'un corpus d'articles scientifiques ... en anglais évidemment. Ces mesures réjouissantes, dont je ne donne ici que quelques exemples, seront pour la plupart d'application dès la rentrée 2008. Les dernières devraient rentrer en vigueur à la rentrée 2009. A l'horizon 2010-2011, il sera alors temps de voir si cette révision de la formation en langues étrangères aura porté ses fruits et si, pourquoi pas, elle ne mérite pas d'être étendue à nouveau, ou en tout cas réajustée (l'idéal étant, me semble-t-il, 60 heures obligatoires par an pendant trois ans).


La formation en langues est loin de tracasser uniquement les étudiants en Communication: à l'heure d'écrire ces lignes, les étudiants, de part et d'autre du campus, réclament un peu partout un enseignement plus adapté aux réalités de leur formation et un nombre plus important d'heures de cours. La question a été discutée très récemment par le Conseil étudiant, et une Commission Langues est ainsi en passe de se former, rassemblant des étudiants de tous bords. A suivre sur ce blog, entre autres. 


31 mars 2008

C.E.D.: séance d'information ce 10 avril

Dans quelques jours, paraîtra dans Le P'tit Torê - Journal des étudiants ULg, l'article repris intégralement ci-dessous, signé Valérie Cremer, au sujet du lancement du Cercle interfacultaire pour l'Education au Développement (C.E.D.) et de la réunion d'information organisée au Trifac ce 10 avril à 18h


Un nouveau cercle est né !


Le C.E.D., Cercle interfacultaire pour l’Education au Développement, a vu le jour récemment. Son but : la sensibilisation aux problèmes du Sud et aux aides que nous pouvons y apporter. Entretien avec Patrick Camal, président du C.E.D. 


Le P'tit Torê: En quelques mots, quels sont les objectifs de ce cercle ? 


Patrick Camal : "Pour faire court et pour user d'une formule qui n'est pas de moi, disons que le C.E.D., ou Cercle interfacultaire pour l'Education au Développement, est un cercle interfacultaire, ouvert à tous donc, qui cherche à sensibiliser le campus aux réalités des pays du Sud, ainsi qu'à la nécessité d'œuvrer pour un monde plus juste. Voilà pour les objectifs ! Cette belle phrase, qui dit à la fois beaucoup et très peu de nos activités, je l'emprunte à UniverSud-Liège, qui est l'O.N.G. de notre Université. Elle fait pas mal parler d'elle ces derniers temps puisque, pour la troisième année consécutive, elle offre à une poignée d'étudiants de tous horizons de participer pendant un mois, en été, à un voyage d'immersion formidable en Afrique."


L.P.T.: Justement, dans quelle mesure ce séjour africain a-t-il poussé à la création du C.E.D. ? 


P.C.: "Il a beaucoup pesé dans la balance. L'été dernier, nous étions huit étudiants à nous envoler pour le Bénin. Pour nous tous, c'était un premier contact avec l'Afrique. Là-bas, nous vivions à la béninoise, en famille d'accueil, et travaillions dans une O.N.G. locale: c'était une sacrée expérience, et nous sommes revenus en Belgique transformés. Evidemment, nous avons voulu faire partager notre enthousiasme au reste des étudiants du campus, et nous avons retracé notre parcours béninois via une expo sympa place du 20-août et une soirée de discussion/projection qui a sans aucun doute comblé la curiosité de pas mal d'étudiants. Bien sûr, nous n'avons pas voulu en rester là et, dans la foulée, nous avons fondé le C.E.D., en partenariat avec l'O.N.G. qui nous avait encadrés jusque-là, UniverSud-Liege." 


L.P.T.: Quels sont vos projets dans l'immédiat?  


P.C.: "Le cercle a été lancé, autour d'une table pour ainsi dire, en novembre dernier. Notre première activité a donc eu lieu après les examens, en février: il s'agissait de deux Petits Déjeuners équitables — l'un au 20-août, l'autre aux amphis de l'Europe — dans le cadre de Campus Plein Sud. Pour un peu plus de 2 euros, nous proposions des produits équitables — confiture, pâte à tartiner, jus, etc. — et une demi-baguette. Une manière comme une autre d'allier l'utile à l'agréable. Nous comptons réitérer ces petits déjeuners pendant l'année: gardez donc l'œil ouvert et surtout, venez nombreux !" 


L.P.T.: Mais à l'heure actuelle, vous planchez sur un projet important ... 


P.C.: "Tout à fait. Notre gros projet ces temps-ci consiste en un rassemblement, puis un envoi de bouquins dans les pays du Sud — en Afrique, en l'occurrence. Nous songeons évidemment au Bénin, mais pas seulement : nous avons quelques contacts au Congo, en particulier à Lumumbashi et à Kinshasa. Cette idée nous est venue suite à notre voyage d'immersion, encore une fois : nous avons eu l'occasion de confronter notre vécu d'étudiant à celui des étudiants de Cotonou, pour remarquer par exemple qu'un étudiant en géographie n'avait jamais eu un Atlas en main. Cette situation nous a frappés et nous souhaitons, dans la mesure de nos possibilités, tenter d'y remédier. Nous projetons donc d'envoyer sur place, en connivence avec des partenaires locaux, des ouvrages de référence et autres manuels. Nous avons déjà quelques contacts avec des profs de Philo & Lettres, et nous espérons que d'autres — professeurs, bibliothécaires — répondront à l'appel, par exemple en se défaisant d'exemplaires en double. Quant à l'acheminement, nous sommes actuellement à la recherche du moyen de transport le plus avantageux, qui dépendra évidemment du volume de la récolte. Ce projet, nous souhaitons le mener à bien d'ici la fin 2008." 


L.P.T.: Ceci dit, le C.E.D. aura aussi son petit côté festif


P.C.: "Evidemment ! Les étudiants seront conviés à l'un ou l'autre événement détente, où le Sud sera mis à l'honneur, musicalement par exemple. Au programme, on trouvera aussi quelques conférences-débats, éventuellement précédées d'une projection de film. Toujours dans le but d'ouvrir les étudiants aux réalités du Sud." 


L.P.T.: Quand peut-on vous rencontrer prochainement ?

P.C.: "Nous organisons une séance d’information au Trifac le jeudi 10 avril à 18h : nous recherchons de nouveaux bénévoles qui accepteraient de se réunir une ou deux fois par mois et de participer aux activités du cercle. L’ambiance est conviviale et nous sommes très heureux de lancer ce projet qui n’existait pas encore au sein de l’ULg (mis à part l’OIC Horizons à HEC) mais qui existait déjà sur des campus comme celui de Namur. Lors de cette rencontre, nous discuterons des projets du cercle, mais ce sera surtout l'occasion de prendre contact avec tout ceux et celles qui souhaitent nous rejoindre, s'investir un peu. Je rappelle que le C.E.D. est un cercle interfacultaire: les étudiants de toutes les orientations sont les bienvenus !" 




17 mars 2008

Elections 2008: le verdict


Jeudi soir, nous recevions avec quelque enthousiasme les résultats des récentes élections étudiantes: ceux-ci sont consultables à cette adresse. Me voici donc élu pour une période de deux ans au Conseil des étudiants, avec 341 voix. Un mot de remerciement va donc d'abord à ceux et celles qui m'ont gratifié de leur soutien, puis aux 21,37 % d'étudiants qui ont inauguré le système tout neuf de vote électronique via le portail MyULg, système dont la vocation était d'encourager les étudiants à manifester massivement leurs préférences, en plus d'être — il faut bien le dire — sensiblement moins coûteux que le système dit traditionnel. Tant qu'à présent, il y a peu à dire sur l'assez faible taux de participation des étudiants à ce tour de scrutin: il est bien trop tôt pour conclure à une inadéquation du système de vote électronique, et inapproprié de jeter une fois de plus le blâme sur la campagne de promotion de ces élections entreprise par la Fédération des étudiants à l'approche du jour J. 


A l'heure d'écrire ces lignes, je prefère me réjouir des objectifs qu'il conviendra bien assez tôt de fixer non seulement avec les candidats et candidates que je souhaitais voir élire à nouveau et qui ont effectivement été élus, fût-ce pour une année au lieu de deux, mais également — et c'est sans surprise — avec les candidats qui défendaient pourtant un programme auquel je ne pouvais adhérer totalement. Car, en dépit de ce que laisse penser le programme de la liste Oxygène (que je mentionne aussi fréquemment parce qu'elle rassemblait un peu plus de 25 étudiants adeptes, je l'ai dit, d'une actualisation et même d'une réorientation de la liste des priorités de la Fédération des étudiants); en dépit donc de ce que laisse à penser leur programme, les discussions de couloir que j'ai eues avec quelques-uns de ces étudiants invitent plutôt à croire — et c'est tant mieux — que nous avons beaucoup à partager et, en réalité, peu à nous disputer. D'ici là alors, que deviendra ce blog, à présent que les élections sont terminées ? 


Il restera ouvert. Je regrette d'ailleurs de ne l'avoir pas ouvert plus tôt: à l'heure où bon nombre d'étudiants se connectent à la Toile au moins une heure par jour, fût-ce seulement pour mettre à jour leur profil sur Facebook ou se détendre avec une partie de Studioquiz, j'aurais tort de ne pas partager avec les internautes curieux les nouvelles et les réactions qui jalonneront encore ce mandat-ci et le suivant. A bientôt, donc :)